Qui a dit que les grands hommes ne pouvaient pas mourir de façon stupide ? Ce ne sont pas Eschyle, Pline l'Ancien ou Félix Faure qui le contrediraient ! Restés dans l'histoire parfois plus pour leur mort absurde que pour ce qu'ils ont accompli de leur vivant, ces malheureux occupent une place de choix dans La tortue d'Eschyle et autres morts stupides de l'Histoire, recueil des fins les plus idiotes (et les plus drôles !) qui soient.

La mort cocasse
Dans leur avant-propos, les six auteurs de ce recueil, David Alliot, Philippe Charlier, Olivier Chaumelle, Frédéric Chef, Bruno Fuligni et Bruno Léandri, racontent qu'ils prenaient un grand plaisir, lors de leurs soirées entre amis, à se raconter les anecdotes des grands de ce monde morts dans des circonstances stupides. Bientôt, l'idée d'en faire un livre a germé et chacun s'est attelé à la recherche puis à la rédaction de mini-biographies hilarantes, contant les mésaventures de centaines de personnages historiques qui, les pauvres, n'étaient pas destinés à périr de manière aussi bête.

Il y en a pour tous les goûts et pour les amateurs de toutes les époques : avec un humour présent dans la moindre tournure, les auteurs nous dressent le portait rapide de ces vedettes à la mort tragique, classées par le vice qui a mené à leur perte : trop gourmands, trop libertins, trop radins, trop curieux, trop sensibles, trop exposés, trop actifs, trop tranquilles, trop snob, trop beau pour être vrai.

Parmi mes morts préférées (oui, il y a un certain côté noir à rire de la mort de ces gens, mais c'est là tout le concept du livre, et je vous assure que c'est très, très drôle) :
  • - le pauvre Eschyle, mort assommé par une tortue lâchée des serres d'un rapace qui a atterri sur son crâne,
  • - le compositeur Johann Schobert, empoisonné par une fricassé de champignons qu'il avait lui même cueillie et cuisinée après que deux aubergistes aient refusé de les lui servir parce qu'ils étaient vénéneux,
  • - le roi de Suède Adolphe-Frédéric de Holstein-Eutin, effondré subitement après avoir pris du dessert pour la 14ème fois,
  • - l'académicien Jean Chapelain, mort d'une oppression de poitrine après avoir, par temps de pluie, traversé un ruisseau jusqu'à mi-jambe pour ne pas payer pour traverser sur une planche,
  • - l'inventeur Thomas Midgley, tombé malade suite à ses recherches sur la combustion de l'essence, mais mort étranglé dans les cordages de sa dernière invention : un système de harnais, de poulies et de câbles lui permettant de gagner ou quitter son lit.

Et il y en a encore des tas d'autres, La tortue d'Eschyle et autres morts stupides de l'Histoire se lit sans fin. Préparez-vous à étirer vos zygomatiques, ils seront largement sollicités à la lecture de ce livre !

La Tortue d'Eschyle et autres morts stupides de l'Histoire, collectif, Pocket, 2014, 274 pages

Comment nommer autrement ce phénomène qui couve depuis des mois et qui m'a l'air cette fois-ci bien enraciné ? Il faut se rendre à l'évidence : je suis en panne. Panne de lecture, panne d'écriture, je n'y arrive tout simplement plus. J'ai beau chercher, je ne trouve pas d'explication à cette situation : je ne suis ni triste ni déprimée, quoique un peu fatiguée (comme tout un chacun je suppose). 


C'est bien simple : je n'ai plus l'envie de lire, ni celle d'écrire sur le blog et de filmer des vidéos. Je continue à lire dans les transports, matin et soir, pour passer le temps, mais cela fait plusieurs semaines que je n'ai pas ressenti ce plaisir que j'éprouvais avant. La faute au genre de mes lectures ? Probablement. Le programme du Prix des Lecteurs du Livre de Poche est assez sombre cette année et mon rythme de lecture catastrophique ne me permets de lire pratiquement que ça. Et à vrai dire, même l'idée de lire un roman de chick-lit type Sophie Kinsella ne me donne plus envie. C'est la belle grosse panne...

Forcément, je n'ai plus grand chose à partager. Mon enthousiasme à écrire sur le blog et filmer des vidéos s'est envolé avec celui de lire. Cela ne m'enchante guère, d'autant que vous êtes toujours aussi nombreux à lire le blog et que le nombre d'abonnés à la chaîne Youtube augmente. Je suis bien embarrassée, mais l'expérience m'a déjà montré que l'acharnement ne mène qu'au dégoût : c'est en me forçant à engloutir des bouquins en prépa que j'ai fini par ne plus toucher un livre pendant plusieurs années. 

Je ne veux pas être dégoûtée des livres et je veux retrouver ce plaisir que j'ai à m'immerger dans une histoire, et surtout à partager ce plaisir sur mon blog. Je vais donc tenter de résoudre ce problème le plus naturellement possible, en prenant mon temps. Le rythme de publication sur le blog sera très lent, comme il l'est déjà, et les vidéos sur Youtube seront rares, comme elles le sont déjà. J'ai besoin d'une pause et je vais me l'accorder.

Merci pour vos messages et votre fidélité, c'est ce qui me donne l'envie de m'accrocher pour continuer.


J'avoue avoir choisi ce livre un peu au pif. Alors qu'elle joue d'habitude un rôle très secondaire (voire totalement négligeable) dans le choix d'une lecture, c'est la couverture du roman qui a attiré mon œil. Cette photo de famille mi-bourgeoise mi-bestiaire annonçait quelque chose de totalement barré et je dois dire, après lecture, qu'elle reflète bien l'ambiance du roman : un truc carrément loufoque et sans queue ni tête, marrant au début, mais qui fait pschitt à la fin.

M. et Mme Fang sont des artistes. Pas des peintres ou des photographes, non, de vrais artistes. Ils pratiquent le seul art qui ait une valeur à leurs yeux : le happening dans les lieux publics. Font partie intégrante de leur oeuvre A et B, leurs enfants, alias Annie et Buster, qui accomplissent malgré eux les actions les plus stupides qu'ils aient jamais imaginé. Alors, quand leur vient l'âge de voler de leurs propres ailes, ils fuient le domicile parental pour embrasser une carrière artistique plus "sage", en tant qu'actrice pour Annie, écrivain pour Buster... avec un succès tout relatif.

Quel genre d'adulte devient-on quand on a été forcé par ses parents, durant toute son enfance, à réaliser les choses les plus absurdes au nom de l'art ? Demandez donc à Annie et Buster ! Asociaux et complètement paumés, ils ont quelques difficultés à s’accommoder du monde extérieur, et cela donne lieu à des situations assez drôles. La construction du récit alterne entre les souvenirs d'A et B, lorsqu'ils participaient aux happenings de leurs parents, et leur vie actuelle, sombres flots dans lesquels ils se démènent tant bien que mal pour trouver leur place. Derrière le texte, on sent poindre une réflexion sur l'héritage familial et la relation parent-enfant destructrice :

Le luxe d'une famille n'est pas garanti aux enfants. [...] Quiconque n'est pas en mesure de se conformer aux cadres fixés pour son existence perd toute prétention aux titres de fils et de fille. (page 430)

L'idée est bonne et le roman est plein de potentiel. Malheureusement, le rythme est lent, trop lent et l'intrigue piétine assez rapidement pour finalement retomber comme un soufflé : à la moitié du livre, j'avais perdu tout intérêt pour ce récit et mon ennui était mortel. Malgré une riche idée de départ, La famille Fang manque, pour moi, cruellement de piment.

La famille Fang de Kevin Wilson, Pocket, 2014, 436 pages

Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.

Bien que ce soit le plus court de l'année, ce mois de février a été long, très long pour moi. Je n'avais pas vraiment la tête à lire et je ne peux pas vraiment dire que les livres que j'ai choisis m'ont aidée. Résultat, je n'ai lu que dans les transports et n'ai donc terminé que 3 livres ce mois-ci.



Des nœuds d'acier de Sandrine Collette
Une chose est certaine : ce livre ne laisse personne indifférent. L'ignominie qu'il décrit, renforcée par un style narratif nonchalant m'a rebutée au départ, mais après plusieurs efforts, je me suis surprise à lire le roman de manière quasi frénétique, à la recherche d'un espoir qui ne vient jamais. A lire quand tout va bien, sinon c'est la déprime assurée.
Ma note : 15/20



L'accro du shopping à Manhattan de Sophie Kinsella
Après l'atmosphère suffocante des Nœuds d'acier, il me fallait un grand bol d'air frais ! Je l'ai trouvé avec le tome 2 de L'accro du shopping. Becky est toujours aussi attachante, toujours aussi gaffeuse et drôle. Elle manque un peu de jugeote par moments mais ne m'a pas agacée. Elle me rappelle beaucoup Bridget Jones et c'est tout ce dont j'avais besoin.
Ma note : 17/20



Derniers adieux de Lisa Gardner
Même son thème de l'arachnologie en constitue l'originalité, ce roman est un thriller policier américain classique digne d'un épisode d'Esprits criminels. Il n'en est pas moins très efficace et se distingue par une intrigue très bien maîtrisée. J'ai en revanche un doute sur la crédibilité des personnages de policiers, trop "super-puissants" à mon goût.
Ma note : 14/20


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?


Il est de ces faits divers qui vous glacent le sang, vous horrifient et en même temps vous fascinent, pour venir vous hanter jusqu’au plus profond de vous-même. L’affaire Jack l’Eventreur est certainement celui qui a suscité le plus de curiosité et d’effroi chez moi. Alors que cette série de meurtres perpétrés dans le Londres miséreux de 1888 a généré tant de rumeurs, j’éprouvais, depuis plusieurs années le besoin urgent de trouver une enquête sérieuse sur le sujet, loin des récits fantasmés qui peuplent le cinéma et la littérature. 

Cette enquête, je l’ai trouvée dans l’excellent roman de Michel Moatti, Retour à Whitechapel, fruit d’un travail scientifique, sociologique et historique minutieux qui se lit avec frénésie et émotion. 

De l’ignominie au nihilisme 
Dans sa préface à Retour à Whitechapel, Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire au Figaro, écrit : 
Il y a alors quelque chose de pourri dans l'Empire britannique, et le tueur en série est le nettoyeur fou de sa capitale, comme s'il s'était assigné à lui-même une mission, s'attaquant à des filles de rien pour les précipiter dans le néant. (page 12)

J’ai mis quelque temps à vraiment comprendre cette allusion au nihilisme de Jack l'Eventreur et ne l’ai réellement saisie qu’à la lecture de la description de la scène de crime de Mary Jane Kelly, sa dernière victime. Car ce qu’a subi cette pauvre femme est bien plus que de la barbarie, c’est l’anéantissement même de sa qualité d’être humain, c’est la réduction de tout son être à une bouillie de chair et d’os qui ne font plus d’elle une femme. 

Cette scène de crime, sa description et ses photos reproduites dans le journal d’enquête de l’auteur m’ont horriblement choquées et m’ont hantée plusieurs jours après avoir terminé ma lecture. De manière plus intime, elles ont provoqué chez moi une prise de conscience en tant que lectrice : l’amatrice de thrillers que je suis avait tendance à oublier que ces scènes pouvaient exister dans la réalité. On peut se divertir de contempler le meurtre (il faut bien se l’avouer), mais jamais, jamais on ne s’habitue à sa violence. Me retrouver face à la photo de cette pauvre Mary Jane Kelly au corps tout bonnement déchiqueté m’a rappelé l’horreur de la réalité

Dans son enquête, Michel Moatti a l’intelligence de ne pas aborder Jack l’Eventreur comme un psychopathe des beaux quartiers qui prendrait son pied à zigouiller des prostituées, comme les choses sont malheureusement trop souvent caricaturées. Bien au contraire, il interroge l’époque, tente de comprendre l’atmosphère sociale, les conditions de vie de ces femmes assassinées qui, pour la plupart, vivaient dans une misère noire et payaient leur loyer en se donnant aux hommes de passages pour quelques pences. Au final, il brosse le portrait d’une époque sombre et malade, comme ces femmes du quartier de Whitechapel, réduites à l’alcoolisme et à la prostitution pour supporter cette chienne de vie. 

En mettant en scène le personnage d’Amelia, fille de Mary Jane Kelly menant l’enquête sur le meurtre de sa mère, Michel Moatti gagne deux paris : d’abord d’introduire en douceur les éléments de ses investigations et ses hypothèses (plus de 120 ans après les faits, il démasque le meurtrier), ensuite de faire de son livre un véritable roman policier à l’intrigue fascinante et au suspense insoutenable. Si je ne devais vraiment déplorer qu'une chose, ce serait l'impasse faite, dans l'intrigue, sur les lettres envoyées aux journaux de l'époque, dont certaines (notamment la fameuse "From Hell") ont été attribuées à Jack l'Eventreur et lui ont d'ailleurs valu ce célèbre surnom.

A la fois polar et enquête socio-historique, Retour à Whitechapel est un chef-d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte.

Retour à Whitechapel de Michel Moatti, Pocket, 2014, 408 pages

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. 

Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.


Cela fait une ÉTERNITÉ que je n'avais pas participé à un Top Ten Tuesday. Mais aujourd'hui, en voyant les réponses des uns et des autres fleurir sur les blogs, les livres se sont imposés d'eux-mêmes. Je n'ai pas réussi à en trouver dix (il faut croire que je suis assez conformiste...), mais j'avais tout de même envie de partager avec vous ces déceptions qui furent pour d'autres des coups de cœur.



J'ai déjà beaucoup parlé de ce livre que je n'ai pas aimé pour son émotion facile, bien que bien écrit.




Mon dieu, mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? J'ai détesté les personnages archi-caricaturaux et l'écriture vulgaire de ce livre : les "merde" et les "putain" à toutes les pages étaient-ils vraiment indispensables ?




Une intrigue grosse comme une maison, des personnages sans la moindre émotion et un style archi-plat. Next.




4. Oscar et la dame rose et Le Cycle de l'Imaginaire d'Eric-Emmanuel Schmitt
Si je recommande certains de ses romans (La part de l'autre, L'Evangile selon Pilate), je n'ai pas du tout aimé les récits du Cycle de l'Imaginaire, un peu faciles et trop pétris de bons sentiments sur fond d'illumination religieuse.




5. L'attrape-cœurs de J.D. Salinger
Je n'ai jamais réussi à terminer ce roman qui m'a rebutée à cause de la personnalité insupportable du personnage principal et de son style vulgaire.




6. L'étranger d'Albert Camus
J'ai beau essayer, Camus et moi, ça ne passe pas. Je l'ai lu deux fois et L'étranger me laisse toujours de marbre. Tout comme La chute, d'ailleurs.


Et vous, quels sont les livres que tout le monde a aimé... à part vous ?

Le soleil refait une apparition par chez moi ce week-end, j'en profite donc pour sortir de ma tanière et consacrer un peu de temps à mon blog ! Vous avez remarqué que ce dernier tourne au ralenti ces derniers temps : travail, sport et aussi quelques projets perso, mes priorités sont ailleurs pour le moment, et il m'est difficile de trouver le temps, voir même l'envie de bloguer.

J'en profite d'ailleurs pour vous prévenir qu'il y aura certainement, dans les semaines à venir, des billets un peu différents sur le blog. Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit sur un autre sujet que la lecture, et cela me manque. Même si je me suis beaucoup concentrée sur la lecture depuis un an et demi, Le petit monde d'Aniouchka reste un blog aux centres d'intérêts multiples et malgré mes réflexions sur le sujet, je ne peux me résoudre à en faire un blog uniquement littéraire.

Mais laissons place pour le moment à la lecture, avec une vidéo sur mes dernières lectures :


Et ce furent encore des lectures noires et perturbantes qui m'ont accompagnées ces dernières semaines. Je vous rassure, je vais bien ! Je me garde toujours de côté des lectures plus légères pour ne pas déprimer :
  • Retour à Whitechapel de Michel Moatti, un roman-enquête sur Jack l'Eventreur que je souhaitais lire depuis longtemps. Enfin une enquête documentée sur l'un des tueurs en série qui ont généré le plus de fantasmes et de rumeurs folles. Attention toutefois aux âmes sensibles, les descriptions sont crues et choquantes.

  • Des nœuds d'acier de Sandrine Collette : plus dérangeant, tu meurs ! Ce huis clos à l'atmosphère étouffante est terrifiant par les situations qu'il met en scène, décrites avec un réalisme à en donner la nausée. C'est un roman très sombre sans la moindre lueur d'espoir, qui nécessite d'être en parfaite forme mentale pour le lire.

  • L'accro du shopping à Manhattan de Sophie Kinsella : après Des nœuds d'acier, j'ai ressenti un besoin urgent de légèreté et d'humour. Cela tombe bien, ce sont les principaux ingrédients de la saga de L'accro du shopping, qui m'a tout simplement remis le baume au cœur dont j'avais grand besoin. J'adore toujours autant Becky, qui me rappelle beaucoup mon Anglaise préférée, Bridget Jones !

Pour ma lecture en cours, retour au thriller avec Derniers adieux de Lisa Gardner que j'ai commencé ce dimanche. Je garde également, en lecture du soir, La tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l'histoire qui me fait bien rire. Je vous parlerai de ces deux livres prochainement, quand je les aurai terminés.

Et enfin, pour savoir quels livres ont rejoint ma PAL au mois de janvier, c'est ici. La vidéo a mis du temps à venir, la voici :


Sur ce, je vous souhaite une très bonne fin de journée, je file fêter avec chéri nos 7 ans de vie commune !

A la prochaine et d'ici là, très bonnes lectures !