Avec ma fille, nous continuons à explorer les richesses de la littérature jeunesse. Nous avons découvert les histoires animées, qui lui plaisent beaucoup. Parmi ses préférés figurent deux histoires de la collection Kididoc chez Nathan.


Bonjour petit oiseau ! et Bonjour bébé chat ! ~ Mes 1ères histoires animées Kididoc

Quatrième de couverture :
Cui-cui ! Aujourd'hui, petit oiseau est sorti de l’œuf !
Manger, jouer, chasser... Bébé chat s'est bien amusé aujourd'hui !

Mon avis :
Qu'ils sont malins ces petits bouquins ! Ce sont des histoires très courtes qui racontent le quotidien de bébés animaux, comme celui de bébé. L'astuce est qu'elles sont complétées par des animations toutes mignonnes que l'enfant peut activer avec son doigt. Il devient alors acteur de l'histoire et peut par exemple faire sortir l'oiseau de sa coquille, ou envoyer la pelote de laine à maman chat !

A quatre mois, ma fille est encore un peu jeune pour activer toute seule les animations. En revanche, elle a très bien remarqué que les images se mettent à bouger quand c'est maman ou papa qui le fait. Elle adore les belles illustrations de Nathalie Choux (qui a aussi illustré "Cache-cache", son livre-tissu préféré) et fait de grands "ah" quand on tourne les pages. A noter que celles-ci sont cartonnées pour résister aux manipulations parfois maladroites des bébés.

Si vous aussi vous souhaitez transmettre le goût des livres à votre enfant dès son plus jeune âge, jetez un œil aux premières histoires animées Kididoc. Il en existe quatre spécialement adaptées aux tous petits bébés : petit oiseau, bébé chat, bébé lapin et bébé chien. Elles sont mignonnes, ludiques et permettent d'associer la lecture à un divertissement nouveau et enrichissant, et c'est ça qui donnera à votre bébé l'envie de lire toujours plus d'histoires !

Bonjour petit oiseau ! et Bonjour bébé chat !, Mes 1ères histoires animées Kididoc, Nathan Jeunesse, 2016
Je remercie les éditions Nathan Jeunesse pour cette lecture.

Vue l'ampleur du battage médiatique qui avait entouré La fille du train à sa sortie, il me fallait en avoir le cœur net. J'ai donc attendu la sortie poche de ce roman pour le lire. Verdict : un excellent thriller psychologique, mais un final qui m'a laissée sur ma faim.


La fille du train ~ Paula Hawkins

Quatrième de couverture :
Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8h04 le matin, à 17h56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d'un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu'elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l'être par le passé, avant qu'il ne la trompe, avant qu'il ne la quitte.
Jusqu'à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d'en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d'un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu...

Mon avis :
Attention, roman addictif ! Sitôt commencé, il m'a été impossible de le lâcher et en deux jours, il était lu. Paula Hawkins a eu l'intelligence de raconter son récit du point de vue de trois femmes psychologiquement fragiles, qui ont tendance à réfléchir un peu trop et à réagir de manière exagérée. Ce point de vue biaisé permet ainsi à l'auteur d'introduire constamment de nouveaux éléments qui viennent compliquer l'intrigue. Mais surtout, cela lui permet de se jouer de son lecteur, qui ne sait plus qui croire et commence à cogiter à son tour.

J'ai beaucoup aimé cette idée de mettre en scène des personnages hystériques, peu sympathiques, parfois pathétiques, mais dont on a tout de même envie de voir sortis d'affaire. Rachel en particulier : malgré son alcoolisme et ses actions irréfléchies qui la rendent pitoyable, je ne pouvais m'empêcher d'avancer dans ma lecture pour savoir si c'était elle, la coupable. Et malheureusement, c'est là que la bât blesse : après une intrigue au summum du suspense, j'ai trouvé la fin sans surprise et finalement décevante. Dommage, il s'en fallait de peu pour que ce thriller psychologique devienne un chef d'oeuvre.

La fille du train de Paula Hawkins, Pocket, 2016, 453 pages

Imaginez qu'un algorithme élevé au rang de Dieu prenne en main votre double numérique pour vous assister dans toutes vos tâches et accomplir votre rêve le plus cher : trouver l'amour. Ça vous rappelle notre époque ? Bienvenue dans Match de Suzanne Galéa, une dystopie prometteuse dans le sillage de George Orwell et Philip K. Dick.


Match ~ Suzanne Galéa

Quatrième de couverture :
"Danaé, elle, ne voulait pas qu'on décide à sa place, elle ne voulait pas être heureuse, elle voulait être libre."

Danaé vit à contre-courant d'un monde où les hommes sont assistés en permanence par un double numérique qui calcule continuellement la bonne décision à prendre. Un monde où le hasard n'existe plus, où le bonheur est un état garanti, obligatoire presque. Pour préserver sa liberté, la jeune femme se voit contrainte de collaborer avec le Match, cette entreprise toute-puissante qui a développé l’application permettant à tous de trouver l'âme sœur. S’enchaînent alors pour Danaé une suite de découvertes et d’événements troublants qui pourraient bien bouleverser ses propres croyances, voire l’essence même de la nature humaine.

Avec ce premier roman dystopique, adroit mélange d’aventures, de conspirations et d’amour, Suzanne Galéa nous confronte subtilement à la question suivante : quelle part de notre liberté serions-nous prêts à céder pour être heureux ?

Mon avis :
J'avais été séduite par le quatrième de couverture de ce premier roman, je l'ai été encore plus en plongeant tête la première dans l'intrigue. Avec une écriture impeccable, Suzanne Galéa construit un univers complexe où l'humanité fait pâle figure sans son double numérique. Un monde où il existe une application pour tout : être performant au lit, calculer ses calories et suivre sa forme physique, ressentir des émotions et trouver l'amour. Bien rares sont ceux qui savent encore se passer de cette assistance digitale et qui, comme Danaé, ont le luxe de pouvoir encore rêver. 

J'ai adoré cet univers largement inspiré des dérives de notre propre société si friande d'applications et de coachs 2.0. Une atmosphère presque prémonitoire, sombre et pessimiste qui m'a rappelé les nouvelles de Philip K. Dick et 1984 de George Orwell. Dans ce climat où la suspicion règne en maître, Suzanne Galéa fait évoluer avec brio un personnage solaire et maîtrise le suspense du début à la fin. Un premier roman surprenant et prometteur qui fait froid dans le dos et donne envie de lire les suivants.

Match de Suzanne Galéa, Readmybook, 2016

La beauté de l'île de Sein, la poésie de l'écriture et une belle ode à la simplicité. Dans Trois éclats toutes les vingt secondes, Françoise Kerymer nous offre 280 pages pour se ressourcer.


Trois éclats toutes les vingt secondes ~ Françoise Kerymer

Quatrième de couverture :
L'île de Sein, fragment de terre sur l'océan, lande aride au ras de l'eau, petite terre plate au bout du nez de la France, dans le Finistère.
Début juillet, Emma débarque avec Camille, son fils de 7 ans. La maison de granit est ridiculement minuscule, humide et sans confort. Ici, tout agresse Emma, qui ne pense qu'à repartir. Mais l'exil est imposé par son mari, pour deux longs mois d'été... Emma dort et fume trop, pleure beaucoup, malgré le soutien d'Armelle, la restauratrice au grand cœur, et de Ronan, marin de la navette quotidienne avec la grande terre.
Camille, lui, est curieux de tout. Il s'émerveille avec Louis-Camille, le compositeur solitaire, et découvre l'Atlantique, sa magie, ses mystères. Il prend des risques, joue avec le danger.
Elle, la mère hyperémotive. Lui, le fils trop grand dans sa tête d'enfant. L'île, fragile et invincible. Deux mois qui les marqueront à vie.

Mon avis :
Il m'a fallu un peu de temps pour apprivoiser le caractère si particulier d'Emma et de Camille. Elle, se plaignant de tout et surtout de son fils. Lui, colérique et provocateur. Puis la magie a opéré peu à peu. J'ai été touchée par leur histoire, leur passé et celui des habitants de l'île. J'ai été émue par la beauté de l'île de Sein qui transparaît dans la poésie du texte. Et j'ai beaucoup aimé cette ode à la simplicité et à l'amour sincère, ce moment d'évasion que nous offre Françoise Kerymer.

Au final, j'ai aimé ce roman comme on déguste un bon vin en terrasse, au bord de la mer : on profite de l'instant présent, de ce moment de simplicité qui permet de recharger les batteries. Un pur bonheur au dépaysement garanti.

Trois éclats toutes les vingt secondes de Françoise Kerymer, Pocket, 2016, 282 pages

En matière d'histoires pour les enfants, le Père Castor est un incontournable depuis plusieurs générations. Le célèbre grand-père publie une nouvelle gamme de recueils d'histoire qui raviront petits et grands.


Les plus belles histoires du Père Castor qui font grandir ~ Collectif

Quatrième de couverture :
Dix histoires tendres à partager avec les enfants pour les aider à parler de leurs petites peurs et à grandir dans la vie.

Mon avis :
Le Père Castor et ses histoires représente un souvenir majeur de mon enfance, cette époque où les contes et les récits prenaient vie rien qu'en les racontant. Alors quel plaisir de raconter à mon tour ces histoires à ma fille !

Dans ce recueil, dix auteurs et illustrateurs ont pris plumes et crayons pour imaginer des histoires belles et touchantes qui rassurent les enfants et les aident à grandir. L'arrivée d'un bébé, la difficulté à s'endormir, le déménagement, le passage au pot ou encore la rencontre avec une nouvelle maîtresse d'école : avec tendresse et humour, ces petits récits parlent des grandes étapes de la vie qui peuvent angoisser les petits.

Bien qu'elle n'ait pas encore trois mois et ne s'intéresse pas aux illustrations pour le moment, ma fille adore déjà ces histoires qui font partie intégrante de notre rituel du soir. En fonction de sa fatigue et de sa difficulté à s'endormir, je lui lis des histoires courtes ou un peu plus longues : le recueil propose les deux. D'ailleurs, c'est pratique, le temps de lecture est indiqué dans le sommaire : de 3 à 20 minutes, on peut donc choisir son histoire facilement en fonction du temps que l'on souhaite consacrer à la lecture.

J'étais déjà une amoureuse des livres mais lire ce genre d'histoire à ma fille me donne encore plus de plaisir à la lecture. Lire des histoires à son enfant est un merveilleux moment de partage qui peut commencer dès le plus jeune âge, et même avant la naissance ! J'achèterai à coup sûr les deux autres volumes de la collection, Les plus belles histoires du Père Castor qui font rire et Les plus belles histoires du Père Castor avec les animaux, car ce sont des recueils riches et précieux !

Les plus belles histoires du Père Castor qui font grandir, Collectif, Flammarion Jeunesse, 2016, 128 pages

Et si vous viviez le 14 juillet 1789 de l'intérieur, dans la foule en colère, celle qui se révolte, qui gronde et qui meurt ? Dans son nouveau roman, Eric Vuillard redonne vie aux anonymes qui ont fait de cette date le symbole de la République française. Un roman intense et surprenant.


14 juillet ~ Eric Vuillard

Quatrième de couverture :
Paris est désormais au peuple. Tout chaviré. Aiguisé. Se baignant aux fontaines. La nuit est tombée. De petits groupes marchent sur les barrières. Ce sont des bandes d'ouvriers, de menuisiers, de tailleurs, gens ordinaires, mais aussi des porte-faix, des sans-emplois, des argotiers, sortis tout droit de leur échoppe ou du port au Bled. Et dans la nuit de la grande ville, il y eut alors une étincelle, cri de mica. 
L'octroi fut incendié. Puis un autre. Encore un autre. Les barrières brûlaient. Ce qui brûle projette sur ce qui nous entoure un je-ne-sais-quoi de fascinant. On danse autour du monde qui se renverse, le regard se perd dans le feu. Nous sommes de la paille.

Mon avis :
On l'a tous appris dans nos livres d'histoire, le 14 juillet 1789, c'est la prise de la Bastille, symbole de la Révolution Française. On associe cette date à de grands noms : Louis XVI, Robespierre, Danton... Mais qui se souvient de la foule, de ces Français du peuple qui se sont révoltés et sont morts ce jour-là, sans qui l'exploit n'aurait pas été possible ?

Dans 14 juillet, Eric Vuillard redonne un nom et un visage à la foule des anonymes sans qui la prise de la Bastille ne serait pas le symbole qu'elle est aujourd'hui. De sa plume vivante, il énumère les noms de ceux qui crient, qui se battent et qui meurent. Il retrace les derniers instants de ces Français qui sont prêts à laisser leur vie pour défendre leur liberté, et de ceux qui suivent la foule dans trop savoir pourquoi ils sont là. En une centaine de pages, Eric Vuillard nous transporte dans un flash-back de plus de 200 ans, au cœur de l'action. 

14 juillet est un roman instructif, addictif et terriblement actuel, une des plus belles surprises de cette rentrée littéraire.

14 juillet d'Eric Vuillard, Actes Sud, 2016, 208 pages
Je remercie les éditions Actes Sud et le site decitre.fr pour cette lecture.

Après Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand signe une suite brillante et addictive, toujours aussi agréable.


La vie est facile, ne t'inquiète pas ~ Agnès Martin-Lugand

Quatrième de couverture :
Rentrée d'Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux "Gens heureux lisent et boivent du café", son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?

Mon avis :
J'ai adoré retrouver Diane, Félix, Edward et les autres dans cette suite de Les gens heureux lisent et boivent du café, à ne lire pas ouvrir avant d'avoir lu le premier opus. Diane a repris du poil de la bête et se reconstruit jour après jour. Malgré tout, les blessures sont toujours là : celles causées par la perte de sa famille, et celles, plus récentes, liées à son séjour en Irlande. Ce mélange de forces et de faiblesses fait de Diane un personnage à la fois touchant et attachant, sans pour autant être niais ou agaçant.

Concernant l'intrigue, je dois avouer qu'elle est assez prévisible et que j'ai vu arriver de loin les choix de l'héroïne. Pour autant, le roman se lit avec délectation, d'une seule traite. J'ai aimé me retrouver à nouveau sur les plages irlandaises, au cœur de cette atmosphère à la fois triste et chaleureuse qui rend la duologie d'Agnès Martin-Lugand si savoureuse. J'ai d'ailleurs préféré le second opus au premier, moins versé dans la romance et plus centré sur les questions existentielles liées à la famille. La vie est facile, ne t'inquiète pas est un roman exquis idéal pour passer un moment cosy plein de tendresse.

La vie est facile, ne t'inquiète pas d'Agnès Martin-Lugand, Pocket, 2016, 251 pages