Après les films et les romans, voici venu le temps des comics. Je poursuis mon exploration de l'univers Star Wars et m'attaque à la série Chevaliers de l'Ancienne République, dont j'ai reçu les premiers volumes à Noël. Il m'a fallu moins d'une heure pour dévorer le tome 1, qui annonce une saga fidèle à la création de George Lucas et pleine de rebondissements.



Star Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 de John Jackson Miller : folle aventure dans les temps anciens

Aux origines des guerres Jedi contre Sith
Près de 4 000 ans avant le naissance de Luke Skywalker, l'Ancienne République vacille. Les Guerres Mandaloriennes font rage et ont épuisé les dernières ressources du gouvernement, jadis puissant. En ultime recours, la République fait appel aux Jedi et à leurs apprentis inexpérimentés pour la protéger. Mais l'Ordre Jedi est divisé : doit-il s'engager sur le champ de bataille ou se consacrer à sa mission principale, la défense de la République contre la menace Sith ?
Au cœur du conflit, Zayne Carrick, un jeune Padawan qui maîtrise mal la force, est accusé par ses anciens maîtres d'avoir assassiné ses compagnons d'entraînement. Pour leur échapper, il engage une course folle à travers la galaxie, accompagné d'alliés inattendus...

A peine les premières planches lues, l'intrigue se cale sur un rythme soutenu qui m'a entraînée en un rien de temps à la fin du tome. Impossible de le lâcher tellement le scénario est prenant. 

La trame de l'histoire se construit autour de la fuite de Zayne Carrick, qui va de gaffe en obstacle mais finit toujours par échapper à ses poursuivants. Par son manque d'expérience dans la maîtrise de la force, il se retrouve régulièrement dans des situations grotesques qui apportent des parenthèses comiques à l'intrigue plutôt dramatique.

Côté dessin, le trait est fin sans être d'une précision chirurgicale. On distingue les coups de crayons du dessinateur, qui ajoutent du corps et de la vivacité à l'ensemble. Le coloriste a quant a lui conservé les teintes froides de l'univers Star Wars et a beaucoup travaillé les ombrages, notamment sur les visages. On est en plein dans l'héritage de la saga d'origine, à mille lieux d'une version plus enfantine à la Clone Wars.

Pour aller plus loin, un appendice compile tout ce qu'il faut savoir sur les personnages, les vaisseaux spatiaux et les différents lieux qui composent cette saga en 8 volumes.

Ce premier tome m'a complètement convaincue de lire la suite, qui s'annonce particulièrement mouvementée. Une saga à mon avis incontournable pour les fans de l'univers Star Wars.

Star Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 de John Jackson Miller : folle aventure dans les temps anciensStar Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 de John Jackson Miller : folle aventure dans les temps anciensStar Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 de John Jackson Miller : folle aventure dans les temps anciensStar Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 de John Jackson Miller : folle aventure dans les temps anciens

Star Wars - Chevaliers de l'Ancienne République, tome 1 : Il y a bien longtemps..., Delcourt, 2015, 144 pages
Scénario : John Jackson Miller
Dessin : Brian Ching, Travel Foreman
Couleur : Michael Atiyeh

Dans le sixième tome de la série Voltaire mène l’enquête, le philosophe a pour mission de résoudre un crime et d’identifier l’origine d’une épidémie de peste qui affole le tout Paris. Avec à ses trousses un Anglais, la police et un frère qui ne lui veulent pas que du bien, l’homme des Lumières se retrouve au centre d’une intrigue survoltée, pour mon plus grand plaisir. 



Docteur Voltaire et Mister Hyde de Frédéric Lenormand : deux Voltaires pour le prix d’un !

Un Voltaire peut en cacher un autre 
Caché de ses détracteurs dans la propriété provinciale de sa maîtresse la marquise du Châtelet, Voltaire mène la grande vie. Par ennui, il a lancé de grands travaux de rénovation dans le château, convoqué bâtisseurs et jardiniers et mène tout ce beau monde à la baguette. C’est sans compter sur les vaines tentatives d’un mystérieux assassin qui met son cœur à l’ouvrage pour réduire la philosophie à néant. 

Heureusement, un Anglais du nom de Mister Hyde sauve la mise à Voltaire, et lui conseille de s’exiler à Londres. Cela tombe mal, le philosophe est appelé à Paris pour enquêter sur un crime et une épidémie de peste. Direction donc la capitale, accompagné de ses acolytes, l’encombrant l’abbé Linant et la pétillante Madame du Châtelet. Le tout incognito, bien sûr : nombreux sont les ennemis qui lui courent après, à commencer par la police, les hommes de Dieu et un certain Armand Arouet qui ne rêve que de son bûcher. 

Dans ce sixième tome, Frédéric Lenormand prend un malin plaisir à dissimuler son philosophe préféré. Pour cela, il use de tous les stratagèmes qui se présentent à lui : il le déguise en médecin, lui fait porter un masque et l’échange même avec son frère Armand qui le déteste mais fait une parfaite doublure. Comme à l’accoutumée, les situations burlesques et cocasses s’enchaînent et Voltaire, monté sur ressorts, sème la pagaille partout où il passe. Fous rires garantis

Cette fois-ci, je me suis particulièrement amusée à repérer les innombrables références dont l’auteur a truffé son texte. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’en est donné à cœur joie. Tout y passe : citations littéraires (L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Stevenson), faits historiques (l’assassinat de Marat), culture populaire (les galettes Saint-Michel), chansons des Beatles (Help!) et même certains bons mots de nos chers hommes politiques contemporains (il est notamment question de penser en se rasant et de sans-dents). Frédéric Lenormand a de l’humour, et il sait le montrer. Mention spéciale au travail d’écriture, très riche en synonymes, métaphores et hyperboles parodiques, qui constitue à lui tout seul une bonne partie du comique. 

Au travers d’une intrigue hilarante au rythme survolté, Frédéric Lenormand dépoussière le roman historique et redonne son grain de folie à un Voltaire trop souvent présenté aujourd’hui comme le philosophe sérieux qu’il n’était pas toujours. 

Docteur Voltaire et Mister Hyde de Frédéric Lenormand, JC Lattès, 2016, 338 pages 
Je remercie les éditions JC Lattès pour cette lecture. 

A lire aussi : mon avis sur La baronne meurt à cinq heures (Voltaire mène l’enquête, tome 1).

Dans un roman à suspense troublant de réalisme, Iain Levison met en scène un citoyen lambda propulsé ennemi public n°1 sur la base de preuves défaillantes. Une plongée au cœur du système policier et judiciaire américain, visiblement moins impartial qu’il n’y paraît. 


Arrêtez-moi là de Iain Levison : dans les coulisses du droit américain

Emporté par un tourbillon judiciaire 
Jeff Sutton est chauffeur de taxi à Dallas. Célibataire, un homme sans histoires. Qui aurait pu croire qu’il suffirait de ramener une femme chez elle pour que sa vie se transforme en cauchemar ? D’avoir le malheur de toucher au châssis de la fenêtre pour être accusé du viol et du meurtre d’une fillette et être envoyé illico dans le couloir de la mort ? On lui avait bien dit que les apparences étaient trompeuses… 

Un scénario pareil, une telle caricature, on imagine en voir que dans certains (mauvais) films où le budget cascades a trop pris le pas sur le salaire du scénariste. Et pourtant, Jeff Sutton se retrouve embourbé jusqu’au cou dans une affaire qu’il ne comprend pas. Il a beau clamer son innocence, les apparences sont contre lui et, trop contents d’avoir trouvé un suspect, policiers, avocats et juges ne prendront jamais la peine de mener une enquête à décharge. 

Dans ce roman court à l’impact fort, Ian Levison dresse un portrait peu flatteur du système policier et judiciaire américain. Du flic de quartier au maton du couloir de la mort, de l’avocat commis d’office à celui qui ne se déplace que lorsqu’il est assuré d’empocher de gros honoraires, tout le monde en prend pour son grade. On est loin des inspecteurs, avocats et procureurs zélés qui font les héros des séries télé américaines. 

Iain Levison écrit à travers les yeux de son personnage. Les faits, l'incompréhension et la déchéance sociale de Jeff Sutton sont vécus en direct, comme pour mieux s'identifier à ce Monsieur Tout-le-monde. Un moyen pour l'auteur de décrire toute l’absurdité d’un système où le pouvoir, c’est de décider de la vie d’autrui à sa place

La vérité c'est qu'une fois que vous savez que d'autres êtres humains peuvent vous mettre dans une cage,  vous comprenez que votre liberté, tout ce que vous tenez pour acquis dans votre vie, dépendent entièrement du caprice de quelqu'un de plus puissant que vous.

A tout moment, l’intrigue oscille entre le drame et le happy end, et l’auteur aurait tout à fait pu imaginer une conclusion plus terrible. Mais cela n’empêche pas de se sentir amer à la fin.

A noter : ce roman a été adapté en 2016 dans un film de Gilles Bannier, dont voici la bande-annonce :


Arrêtez-moi là ! de Iain Levison, Liana Levi, 2011, 246 pages

Le Mahatma Gandhi est l’un des personnages pacifiques les plus célèbres du XXème siècle. Mais au fond, le connaît-on vraiment ? Dans une biographie romancée fascinante, José Frèches raconte l’ascension du défenseur des droits civiques indiens.


Gandhi (tome 1) de José Frèches : naissance d’un soldat de la paixDifficile d’imaginer qu’un homme aussi solaire que Mohandas Gandhi était dans sa jeunesse un petit garçon chétif à la timidité maladive. Que celui qui était moqué par ses camarades de classe est devenu un grand avocat à la notoriété mondiale.

Dans un roman très documenté, basé sur des faits et des anecdotes réelles, José Frèches retrace la vie du Mahatma. Ce premier tome retrace l’existence de Mohandas Gandhi de sa naissance à son départ d’Afrique du Sud en 1914. 

De Porbandar à la ferme Tolstoï 
Né en 1869 à Porbandar dans la caste des vaishyas (marchands), il est le dernier enfant d’un homme de droit et d’une femme très pieuse. Cette dernière lui a d’ailleurs transmis le respect strict des rites religieux, notamment le jeûne. A 13 ans, il est marié de force à sa femme Kasturbai puis entame des études de droit contre sa volonté. 

Très tôt, Gandhi est outré par les injustices sociales imposées par le système de castes indiennes, notamment celle des intouchables. Le racisme quotidien des occupants britanniques le révolte également. Pour accroître ses chances de devenir avocat et de défendre au mieux ses droits, il part étudier le droit britannique à Londres. C’est d’ailleurs là que prend forme son farouche respect du végétarisme

Ses études terminées, il travaille rapidement pour le compte d’un marchand indien installé en Afrique du Sud. Là-bas, le racisme envers les hommes de couleurs (noirs et indiens) y est plus fort que jamais. Les conflits entre Zoulous, colons Boers et britanniques exacerbent les injustices contre lesquelles Gandhi se révolte. Dans le respect de l’ahimsâ (« non-violence »), il utilise le droit pour dénoncer les torts faits à la communauté indienne. Il fonde alors la célèbre ferme Tolstoï, près de Johannesburg, où tous vivent égaux. 

De sa plume vivante, José Frèches ressuscite celui qui a toujours refusé le qualificatif de Mahatma (« grande âme »). Au fil du récit, il introduit les concepts d’ahimsâ, de brahmacharya (pureté spirituelle et pratique) et de satyagraha (résistance à l’oppression par la désobéissance civile) qui jalonnent l’éthique personnelle de Gandhi. Une plongée passionnante dans le combat non-violent de ce soldat de la paix

Gandhi, tome 1 : Je suis un soldat de la paix de José Frèches, Pocket, 2016, 448 pages

Après avoir dévoré les deux premières intégrales de la saga Star Wars, je ne pouvais pas manquer la sortie d’une nouvelle trilogie, La croisade noire du Jedi sombre de Timothy Zahn. 


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette trilogie ne correspond pas à l’intrigue du nouveau film, Le Réveil de la Force, qui commence en +30 après la Bataille de Yavin, au cours de laquelle est détruite la première Etoile de la Mort (donc à la fin du de l’épisode 4, Un nouvel espoir). 

Dans ces romans, l’action se déroule cinq ans après la bataille d’Endor, qui a vu la mort de l’Empereur et la défaite de l’Empire. Sur ses ruines se construit avec difficulté une nouvelle République, en proie aux luttes intestines de ses différents dirigeants. En parallèle, l’Empire renaît lentement de ses cendres sous le commandement d’un nouveau vilain, le Grand Amiral Thrawn. Fin stratège, ce dernier s’allie avec un mystérieux Jedi sombre qui en veut aux jumeaux Skywalker. 

Quand on a encore en tête le déroulement des faits du Retour du Jedi, on se plonge rapidement dans cette nouvelle intrigue dont les personnages sont pour la plupart bien connus. On retrouve en effet Luke Skywalker, Leia Organa (enceinte de jumeaux) et son mari Han Solo, Chewbacca, Lando Calrissian, Wedge Antilles, Mon Mothma, l’amiral Ackbar et tous les protagonistes de l’Alliance rebelle devenue la nouvelle République. 

Du côté obscur, le Grand Amiral Thrawn est un personnage maléfique au charisme flagrant, doté d’un esprit calculateur qui va mettre les héros à rude épreuve. Il s’agit là d’un vrai vilain à la Dark Vador, la fourberie en plus. 

Dans cette trilogie, Timothy Zahn ressuscite l’univers Star Wars avec brio en multipliant les scènes de batailles spatiales, de cantina et les intrigues politiques. Les références aux six épisodes fondateurs sont légion et la transition est parfaitement gérée. Une lecture à privilégier pour les fans de la saga qui souhaitent découvrir en douceur l’univers étendu. 

La croisade noire du Jedi fou de Timothy Zahn, Pocket, 2015, 1280 pages

Lors de la dernière rentrée littéraire, La septième fonction du langage a tout de suite attiré mon attention pour deux raisons : la première, c'est son auteur, Laurent Binet, dont j'avais adoré le premier roman HhHH. La seconde, c'est parce que ce nouveau livre tournait autour de la vie et de l'œuvre de Roland Barthes. Il n'a pas déçu mes attentes, loin de là.



La septième fonction du langage de Laurent Binet, quand burlesque et insolence donnent un roman génial
Roland Barthes est l'une des grandes figures du paysage intellectuel français de la deuxième moitié du 20ème siècle, qui a beaucoup travaillé sur le langage, et plus particulièrement sur la sémiotique, c'est-à-dire l'étude des signes. J'ai pas mal étudié ses ouvrages tout au long de mes études, et notamment ses fameuses Mythologies qui m'ont toujours plu.

Quand j'ai reçu La septième fonction du langage dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire (#MRL2015) organisés par Priceminister, j'étais donc ravie, et je n'ai pas été déçue.

Un pastiche de roman policier à la sauce Barthes
Dans ce roman, le point de départ est simple : et si Roland Barthes, décédé le 26 mars 1980 après avoir été renversé par une camionnette quelques semaines plus tôt alors qu'il sortait d'un déjeuner avec François Mitterrand (à l'époque candidat aux présidentielles), avait été assassiné pour avoir tenté de garder secret un manuscrit caché qui aurait pour effet de rendre n'importe quel discours immédiatement convaincant ?

Cette intrigue peut fortement rappeler Le nom de la rose d'Umberto Eco, et cela n'est pas innocent. Car dans ce roman loufoque et insolent, Laurent Binet s'amuse à détourner les codes du roman policier et d'espionnage en mettant en scène un flic réac accompagné d'un jeune professeur d'université de gauche, chargés d'enquêter au sein de l'intelligentsia parisienne. On y croise des personnages fictifs comme réels, dont certains font encore partie de la scène intellectuelle et politique passée et actuelle : Louis Althusser, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Philippe Sollers, Bernard Henri-Lévy, Umberto Eco, François Mitterrand, Valéry Giscard d'Estaing, Jack Lang, Laurent Fabius et j'en passe.

L'auteur met en scène tous ses personnages dans des situations cocasses, voire souvent burlesques, le tout avec un ton plein d'humour et d'insolence, sur fond de références bien documentées aux œuvres de Barthes et des grands intellectuels de l'époque. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la porosité entre la réalité et la fiction avec laquelle Laurent Binet s'amuse beaucoup.

Je vous préviens néanmoins : La septième fonction du langage peut être clairement déroutante pour le lecteur qui lirai ce roman au premier degré. Il faut bien comprendre que cet ouvrage est le terrain de jeu de Laurent Binet qui a cherché à s'amuser avec le courant structuraliste et sémiologique, le roman policier et d'espionnage et toute cette galerie de personnages fictifs et réels au potentiel burlesque fort prononcé. Lisez donc ce livre comme un jeu, sinon il vous déplaira. Pour ma part, je trouve le cocktail plutôt réussi.

La septième fonction du langage de Laurent Binet, Grasset, 2015, 495 pages

Cela faisait plus de 3 ans que je ne m'étais pas replongée dans les aventures d'Eva Svärta et Alexandre Vauvert ! Il était temps de reprendre le train en marche et de lire le dernier tome de la série : La mort en tête.


Après les terribles événements qui clôturaient le seconde tome de la saga, Le premier sang, Alexandre et Eva font toujours équipe, en uniforme comme à la ville : pour construire leur vie de couple, Alexandre passe tous les week-end chez Eva, enceinte de quatre mois. Tout pourrait aller pour le mieux si elle n'était pas appelée sur une sombre affaire de d'exorcisme qui a mal tourné, provoquant la mort d'un enfant. Là, elle rencontre un journaliste vedette, Dorian Barbarossa, qui brûle la vie par les deux bouts depuis qu'il a reçu une balle dans le crâne. Mais elle croise aussi la route d'un terrible prédateur qui n'a plus qu'une chose en tête : la traquer jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Pas de doute, tous les ingrédients qui font le succès des romans de Sire Cédric sont bien là : une intrigue à mi chemin entre réel et surnaturel, des personnages hauts en couleurs, un rythme effréné et un style nerveux qui accroche le lecteur. Sire Cédric fait là honneur à son modèle Stephen King en imaginant un psychopathe absolument incontrôlable, dans la lignée d'une Annie Wilkes (Misery) ou d'un Mr Mercedes.

Certaines scènes sont d'ailleurs assez chargées en hémoglobine, et je me suis surprise à avoir carrément peur lors d'une scène récurrente liée à la grossesse d'Eva. Au vu des cauchemars qui m'ont prise, croyant clairement mon bébé menacé, ce malaise me fait dire que La mort en tête n'est pas forcément le meilleur choix de lecture quand on est enceinte.

Malgré tout, cette fois-ci, la magie a moins opéré qu'à l'accoutumée : je commence à me lasser de Svärta et Vauvert, de leur insubordination, de leur incapacité de traiter avec quiconque qu'eux et leur collègue et de leur instinct de flic qui ressemble de plus en plus à une grosse ficelle mal dissimulée. La mort en tête a beau être un thriller efficace mettant en scène un psychopathe intéressant (car totalement flippant), je reste sur ma faim.

La mort en tête de Sire Cédric, Pocket, 689 pages, 2015