Pourquoi l’argent a-t-il tant de valeur dans notre société mondialisée ? C’est à cette question que tente brillamment de répondre Douglas Kennedy dans Combien ?, édifiant séjour au cœur de la finance mondiale.

Voyage au pays des devises
Pourquoi accorde-t-on tant d’importance et de valeur à l’argent ? C’est en partant de cette question en apparence simple que Douglas Kennedy entreprend, au début des années 90, sa réflexion sur la place de choix qu’occupe l’argent dans la société mondialisée. Alors qu’il n’est pas encore devenu l’écrivain mondialement célèbre que nous connaissons, il entame ce récit de voyage, comme il se plaît à le qualifier, qui le mène sur les plus grosses (mais aussi les plus insolites) places boursières de la planète, avec toujours cette même quête : la valeur de l’argent. 

Une chose m’a frappée dès les premières pages et tout au long de la lecture de ce petit livre : 20 ans après, alors que le monde traverse une crise économique qui tend à s’éterniser, l’argent occupe toujours la même place dans nos vies. Que ce soit en Occident, au Moyen-Orient ou en Orient, l’argent fait rêver et l’opulence et la richesse sont partout liés à ce sentiment curieux et paradoxal mêlé de sécurité et d’urgence : il faut amasser autant que l’on peut pour être en sécurité, avant que ne vienne la chute. Car si l’on peut devenir excessivement riche en quelques années en sachant assurer ses placements, la chance peut tourner et l’on peut être ruiné du jour au lendemain. 

Ces enseignements, Douglas Kennedy les tire en interrogeant les traders et barons de la finance des quatre coins du monde, de Londres à Sydney, en passant par Singapour et Casablanca, et dont les témoignages animent le récit. C’est d’ailleurs cet aspect qui rend la lecture de Combien ? si facile et si agréable : construit comme un documentaire, le livre est écrit comme un roman, succession d'anecdotes et de rencontres, dans lequel on retrouve déjà le style fluide et les dialogues aérés que l’on connaît dans les romans de Douglas Kennedy. 

A lire comme une enquête de l’auteur qui viendra enrichir sa culture personnelle, Combien ? n’en reste pas moins un excellent récit édifiant sur le rôle de l’argent.

Combien ? de Douglas Kennedy, Pocket, 2013, 288 pages

Je remercie chaleureusement les éditions Pocket qui m'ont gracieusement envoyé ce livre.


Du Stephen King, un Trône de Fer et de l'humour pour se changer les idées : que demander de mieux pour un programme de lecture ?

Livres cités :
♦ Ça de Stephen King
Le Trône de Fer, intégrale 1 de George R.R. Martin
Demain, j'arrête de Gilles Legardinier


Et vous, quel est votre programme ?

Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.

Novembre, mois tranquille côté lecture, durant lequel j'ai tout de même réussi à garder mon rythme "de croisière", avec 4 livres lus, dont 100 % de bonnes surprises.



Coup de coeur pour cet excellent thriller scientifique par lequel j'entre dans l'univers de Franck Thilliez. J'ai adoré ce roman et j'ai hâte de lire ses autres livres !
Ma note : 20/20



Un roman remarquablement bien écrit, qui a fait naître chez moi une angoisse comme j'en avais rarement ressentie avec un livre. Chapeau à l'auteur de ce huis clos qui ne plaira pas à tout le monde.
Ma note : 18/20



Combien ? de Douglas Kennedy
Un bon récit de voyage édifiant qui nous emmène au cœur du petit monde de la finance. Un livre instructif, agréable et parfois inquiétant sur notre rapport à l'argent.
Ma note : 15/20



Ça, tome 1 de Stephen King
Quelle histoire ! Même si ce premier tome est un peu lent à démarrer et consiste surtout à planter le décor, l'intrigue et les personnages, le suspense devient rapidement insoutenable. Résultat : je n'ai pas pu attendre et j'ai directement attaqué le tome 2.
Ma note : 18/20


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?


Parce qu'elle est l'auteur dont tout le monde parle, tant dans la presse que sur la blogosphère, j'avais depuis quelque temps envie de découvrir l'univers de Laura Kasischke. C'est désormais chose faite avec Esprit d'hiver, un roman déroutant mais bourré de talent.

Huis clos sous la neige
Au matin de Noël, Holly, qui s'est réveillée plus tard que prévu, se retrouve seule avec sa fille adoptive Tatiana pour préparer le déjeuner traditionnel. Alors qu'une tempête de neige se lève et que les invités se décommandent les uns après les autres, Holly est saisie d'un sentiment étrange qui augmente à mesure que sa fille, d'habitude si affectueuse, se comporte de manière froide et inquiétante. Au fur et à mesure que la journée avance, l'angoisse de Holly ne fait que prendre une ampleur de plus en plus dramatique...

L'angoisse. C'est le mot qui, je crois, résume le mieux Esprit d'hiver. Elle prend racine dès les premières lignes et grossit comme une boule durant toute la lecture du roman. L'angoisse est telle que, plus on s'enfonce dans la lecture, plus le malaise est grand et les pauses nécessaires. Résultat : il m'a fallu 4 jours entiers pour lire les 276 pages qui composent le livre, tant j'avais besoin de "souffler" entre chaque temps de lecture.

Ce sentiment mis à part, je dois avouer que ce roman est incroyable. Incroyable par la tension que l'auteur impose, dès la première phrase et jusqu'à la fin du livre, par le biais de digressions qui semblent hors de propos mais prennent, au final, tout leur sens. Incroyable par cette capacité qu'a Laura Kasischke de transmettre de son personnage au lecteur une angoisse étouffante digne des histoires les plus effrayantes. Incroyable, enfin, par cette faculté de tenir son lecteur en haleine dans un huis clos où, au final, il ne se passe pas grand chose.

Véritable ovni par rapport à tout ce que j'ai lu jusqu'à présent, Esprit d'hiver est le genre de roman dont les dernières phrases changent radicalement votre point de vue sur tout ce qui les a précédées. En définitive, c'est un roman très psychologique qui vous mettra les nerfs à vif.

Esprit d'hiver de Lara Kasischke, Christian Bourgois Editeur, 2013, 276 pages

Je remercie chaleureusement Priceminister qui m'a gracieusement envoyé ce livre dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire. 


Depuis le temps que je voulais lire un roman de Franck Thilliez, c'est enfin chose faite avec Atomka. Et je dois avouer que je ne suis pas du tout déçue par ce thriller addictif, exactement comme je les aime.

L'atome, pour le meilleur et pour le pire
Lorsqu'un journaliste est retrouvé mort de froid dans un congélateur, les enquêteurs ne savent pas encore dans quoi ils s'engagent. En suivant les maigres indices dont ils disposent, Franck Sharko et Lucie Henebelle, équipiers à la police criminelle, découvrent ce sur quoi enquêtait le journaliste : une sombre histoire qui remonte à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, et qui les mènera au cœur de la recherche scientifique sur l'atome...

En attaquant Atomka juste après le Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre, le sujet du nucléaire était encore tout frais dans ma tête. Sacrément bien documentée, l'intrigue est passionnante, le rythme vif et j'ai été tenue en haleine du début à la fin. 

Alors qu'Atomka est la troisième aventure du couple Sharko/Henebelle, je n'ai pas été perdue dans l'intrigue et n'ai pas été gênée par le fait de n'avoir pas lu les deux volets précédents. Même si l'auteur fait quelques allusions au passé de la relation Sharko/Henebelle qui semble déjà bien évoluée, il s'efforce toujours de rappeler les faits de manière succincte, de sorte que l'on comprend rapidement de quoi il est question. Très attachants, Franck Sharko et Lucie Henebelle sont dotés, à la fois en tant que personnages et en tant que couple, d'une dimension psychologique très intéressante qui m'a donné envie de suivre leurs aventures.

Enfin, le point fort de ce roman est pour moi l'écriture : dans un style vif, aux descriptions ultra-réalistes et sans la moindre longueur, Franck Thilliez nous transporte dans un monde où la science est capable de bien des choses, et pas que pour le bien de tous.

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ce livre et n'ai qu'une hâte, lire les autres aventures de Franck Sharko et Lucie Henebelle !

Atomka de Franck Thilliez, Pocket, 2013, 604 pages

A lire également :
Le syndrome E et GATACA (Saga Sharko/Henebelle, tomes 1 et 2)
Angor (Saga Sharko/Henebelle, tome 4)

Qui était Einstein ? Qu’est-ce qu’un atome ? Comment connaît-on l’âge de la Terre ? Dans son Petit dictionnaire amoureux de la science, Claude Allègre lève le voile sur les énigmes de la nature et raconte la science de manière passionnée et passionnante. 

La science à la portée de tous 
La Science avec un grand S et toutes ses disciplines m’ont toujours fascinée. De quoi sommes-nous faits ? Comment l’univers a-t-il été créé ? Comment la nature fonctionne-t-elle ? Ce sont là des questions que je me suis posée plus d’une fois. Malheureusement, je fais partie de ces gens que l’enseignement scientifique au collège puis au lycée (à quelques exceptions près, je dois avouer avoir eu un ou deux professeurs passionnants) a plutôt contribué à éloigner des sciences qu’à l’en rapprocher… 

Avec le Petit dictionnaire amoureux de la science, j’ai vécu une expérience fabuleuse : non seulement j’ai trouvé la réponse à la plupart des questions que je me posais, mais j’ai en plus réalisé que non, je n’étais pas hermétique à la science, que oui, j’aimais même ça et que mon désamour n’était dû qu’au fait que l’on ne m’avais jamais réellement expliqué les choses de façon simple et captivante

Dans ce gros livre qui se lit avec passion, Claude Allègre égrène donc les lettres de l’alphabet en les peuplant de théories, de concepts scientifiques et de biographies succinctes de grands hommes de sciences. Il explore là toutes les disciplines scientifiques au sens propre du terme, c’est-à-dire basées sur l’observation de la nature, excluant donc les mathématiques (auxquelles il consacre tout de même une entrée, ce qui me va très bien). 

Physique, chimie, biologie, géologie, astrophysique, mécanique et j’en passe, tous les grands concepts, notions, théories et penseurs relatifs à ces disciplines sont expliqués de manière détaillée mais compréhensible pour le néophyte. Et c’est le point fort de ce livre : le discours est vulgarisé sans être grossièrement caricaturé (néanmoins, ne me demandez pas de vous ressortir la théorie de la relativité, n’exagérons rien). 

Enfin, il faut savoir que Claude Allègre, ancien ministre et connu pour ses positions, notamment sur le réchauffement climatique, fait passer quelques opinions personnelles non sans intérêt, dont certaines m’ont d’ailleurs beaucoup fait sourire (lisez l’entrée « Descartes »). 

En bref, si vous êtes à la recherche d’un livre de vulgarisation scientifique complet et passionnant, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé ! 

Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre, Pocket, 2013, 744 pages

Je remercie les éditions Pocket qui m'ont gracieusement offert ce livre.


Tiré au sort dans ma PAL alors qu'il y dormait depuis plus d'un an, Un père idéal s'est révélé être un thriller dur, touchant, poignant, mais efficace et à l'écriture surprenante. 

Tel père, tel fils
Edward Hunter revient de loin : il n'a que neuf ans lorsque son père est arrêté pour le meurtre d'un nombre incalculable de prostitués. Dès lors, Edward est sous le feu des projecteurs : ce gamin à la gueule d'ange deviendra-t-il, comme son père, un serial killer ? Toute sa vie, Edward s'est battu contre cette idée. Devenu citoyen modèle, il a tout fait pour oublier son passé. Jusqu'au jour où son épouse est froidement assassinée sous ses yeux par les braqueurs d'une banque. Commence alors pour Edward un périple à travers Christchurch, guidé par la vengeance...

Alors qu'il mettait en scène, dans son premier roman, Un employé modèle, un tueur froid, manipulateur et pas tellement sympathique, Paul Cleave fait ici clairement appel à l’empathie du lecteur. Et ça n'est pas bien difficile de s'attacher à ce pauvre Edward, contre lequel le sort semble s'acharner avec une injustice révoltante. Car au fond, la vengeance d'Edward est guidée par le désespoir d'un homme qui, en quelques secondes, a tout perdu. Avec maladresse et stupeur, le père de famille se découvre capable d'accomplir les actes les plus monstrueux.

Si l'intrigue est finalement assez prévisible, c'est dans la description de ces actes monstrueux qu'excelle Paul Cleave, et c'est à se demander si l'auteur ne traîne pas derrière lui un passé de tueur en série ! Les scènes de meurtres (car il y en a plus d'une dans ce roman) sont non seulement archi-violentes, mais surtout terriblement réalistes, et je ne peux que conseiller à ceux que la vue du sang effraie de ne pas s'aventurer dans la lecture de ce livre. J'ai été littéralement scotchée par le niveau de détail des descriptions, tout comme par l'extraordinaire capacité de Paul Cleave à restituer la douleur du deuil et du désespoir avec un réalisme saisissant.

Gore et poignant, Un père idéal est un thriller à la dimension tragique, qu'il ne vaut mieux pas lire si l'on est un peu déprimé. Malgré une intrigue et surtout une fin prévisibles, c'est un roman remarquable par la psychologie de ses personnages et son écriture.

Un père idéal de Paul Cleave, Le Livre de Poche, 2012, 429 pages