J'avais depuis longtemps envie de lire un roman de Barbara Constantine, dont beaucoup de lecteurs qualifient les livres de "lectures-doudous". A peine ouvert, je me suis laissée transporter par les histoires de Mélie, cette mémé farceuse, et de ses acolytes au grand coeur. Simple, poétique et sans chichis, A Mélie, sans mélo est une dose de pur bonheur.

Profiter de la vie tant qu'on en a encore le temps
Oui, la vie est dure, la vie est moche, méchante et pleine de regrets. Ce n'est pas Mélie qui vous contredira, elle qui a connu la guerre, vit seule depuis que son mari est mort et vient d'apprendre qu'à 72 ans tout juste, elle a de gros problèmes de santé. Mais elle s'en fiche, Mélie, elle fait la nique à la mort et à ses problèmes. Pour Clara, sa petite fille, elle a décidé de faire des vacances d'été les meilleures que la petite ait jamais passées.

Il y a aussi Marcel qui ronchonne, Gérard l'hypocondriaque, Fanette qui cherche l'homme de sa vie... En mettant en scène des personnages cassés, parfois au bout du rouleau, mais qui ont le coeur sur la main et savent profiter des bons moments, Barbara Constantine fait s'envoler les tracas de la vie quotidienne et nous rappelle qu'au fond, le bonheur est sous notre nez : ce sont nos proches, nos enfants, nos amis qui nous gardent en vie et nous rendent heureux. Il suffit d'ouvrir les yeux. 

Mais tu sais, Marcel, si ça ne s'était pas passé comme ça, on aurait peut-être pas su... en profiter... Et puis surtout... on ne serait pas ici, maintenant... moi, la tête posée sur tes genoux, et toi, la main dans mes cheveux... à regarder les nuages nous caresser les yeux...

Alors, tu vois, Marcel, il faut rien regretter, hein...

Vraiment rien du tout.

De la poésie avec des mots simples
J'ai par-dessus tout aimé le style de l'auteur : dans A Mélie, sans mélo, les expressions argotiques côtoient  les mots doux et les paroles des chansons d'antan (notamment d'Yves Montand) pour former une harmonieuse poésie. Comme quoi, on n'est pas forcé d'utiliser des mots compliqués pour être poétique et exprimer la beauté de la vie. 

La lecture de ce petit livre dans lequel se succèdent des scènes de la vie de campagne, tranquille, joyeuse mais contemporaine m'a littéralement mis du baume au coeur. Et quelle sacré mémé, cette Mélie, j'aurais voulu la même !

A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine, Le Livre de Poche, 2010, 247 pages


Pour la petite histoire...
J'ai rencontré Barbara Constantine en juin 2012 au salon Saint-Maur en Poche. Elle m'a parue extrêmement gentille et toute douce, au point que j'avais envie de passer l'après-midi avec elle, comme Mélie...


Livres cités :
♦ A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine
♦ L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas
♦ Le Diable dans la ville blanche de Erik Larson
♦ The Walking Dead, tome 11 de Robert Kirkman et Charlie Adlard
♦ L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy
♦ La tulipe du mal de Jörg Kastner

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J'ai longtemps hésité à faire un bilan de mes lectures à la fin de chaque mois. Je trouvais ça un peu scolaire. Et puis, j'ai réfléchi et j'ai fini par changer de d'avis (y'a que les imbéciles...). 

Au final, c'est un bon moyen pour moi de donner mon avis express (surtout qu'il a tendance a mûrir après quelques semaines) et d'attribuer une note à chaque livre. Pour vous, c'est un bon moyen, je crois, de savoir un coup d'oeil ce que j'ai pensé de tel ou tel livre, sans avoir à vous cogner l'intégralité de mes vidéos C'est lundi, que lisez-vous ? pour trouver mon avis.

Le mois de janvier a été assez prolifique, même si certaines lectures ont été assez périlleuses : j'ai lu 5 livres et 4 comics.


Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi de Arto Paasilinna
Un roman d'aventures drôle et décalé, mais assez répétitif et rapidement lassant. 
C'est loin d'être le meilleur Paasilinna.
Ma note : 13/20



A série grandiose, final grandiose ! Les co-auteurs maîtrisent à merveille le suspense qui est à son comble dans ce dernier épisode. Vivement la saison 2 !
Ma note : 19/20



Coup de coeur absolu ! L'histoire de Charlie m'a bouleversée et je pense encore sans arrêt aux enseignements à tirer de ce livre, même plusieurs semaines après l'avoir lu.
"We receive the love we think we deserve."
Ma note : 20/20



Ce devait être une lecture détente et sans prise de tête après The perks... Râté ! Malgré une bonne idée de départ, ce roman et ses personnages m'ont profondément agacés et je l'ai trouvé strictement sans intérêt.
Ma note : 8/20



A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine
Un merveilleux petit livre plein de poésie qui nous remet en tête que, même si la vie est dure, moche et méchante, il vaut mieux profiter du bonheur d'avoir ses proches près de soi. Et quelle grand-mère, la Mélie, j'aurais adoré avoir la même !
Ma note : 18/20


    
    

Walking Dead : tomes 7 à 10 de Robert Kirkman et Charlie Adlard
A partir des tomes 7-8, le scénario s'accélère et toutes les certitudes des personnages sont mises à mal. J'ai été choquée de constater que Robert Kirkman est prêt à tout avec le scénario et les personnages, et la lecture n'en est que meilleure, pleine de surprises.
Ma note : 19/20


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?


Mieux vaut tard que jamais ! Alors que les Livraddictiens entament leur quatrième édition du challenge Livra'deux pour Pal'addict, voilà que je m'intéresse enfin à ce challenge ! Et c'est grâce à Mysweetlies qui est venue me chercher et m'a proposé de participer avec elle.

Le principe est simple : chacune choisit, dans la PAL de l'autre, trois livres qu'elle aimerait que l'autre lise. Sur ces trois livres, on choisit celui que l'on veut lire, et voilà !

Mysweetlies et moi avons grosso modo les mêmes goûts en matière de lecture, le challenge s'annonce donc palpitant !


Mysweetlies a choisi dans ma PAL :

          

Comme c'est un auteur que j'ai envie de découvrir depuis longtemps, j'ai choisi Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de Haruki Murakami.


J'ai choisi dans la PAL de Mysweetlies :

          

Mysweetlies a choisi Une place à prendre de J.K. Rowling.


Nous avons jusqu'au 30 avril pour lire le livre que nous avons choisi et en faire une chronique sur notre blog.

Pour participer au challenge Livra'deux pour Pal'addict, rendez-vous sur le forum Livraddict.


Je pensais me détendre avec ce roman qui présageait une aventure à la Desperate Housewives. Au final, les personnages n'ont réussi qu'à m'agacer et le roman à m'ennuyer. 

Intrigue zéro
La situation de départ du roman semblait sympathique : suivre la vie de deux femmes riches de Notting Hill perturbées par l'arrivée d'un beau mâle célibataire et milliardaire pouvait donner une bonne histoire. J'ai même beaucoup aimé, au début du roman, faire connaissance avec Mimi, Clare et leur voisine, dont la ridicule obsession du paraître, des nouvelles modes absurdes mais hors de prix (l'architecture écologique et post-minimaliste qui exclut la présence de placards dans la cuisine, c'est trop tendance !) et du nombre de zéros qui garnit leur compte bancaire est décrite avec beaucoup d'humour par l'auteur.

Mais rapidement, l'intrigue piétine, on se retrouve à suivre les cancans et les crasses que se font les soi-disant "amies" entre elles, et le roman devient d'un ennui mortel. J'ai été particulièrement choquée par les moeurs de ces "nouvelles mères au foyer" : peu importe de tromper son mari, de se faire mettre enceinte par le mari de sa meilleure amie et de négliger le bien-être de ses enfants, le principal est de paraître le plus riche du quartier. C'est ainsi que le lecteur se voit infliger, pendant la moitié du roman, les crises de Clare au sujet du garage de ses voisins. J'avoue que cet épisode a eu raison du peu d'intérêt que je portais encore au livre.

Avec son intrigue d'un ennui mortel et ses personnages si égoïstes qu'ils en sont antipathiques, Le diable vit à Notting Hill est pour moi un roman agaçant et sans intérêt, que je déconseille et dont je ne lirai pas la suite (Le Diable vit à la campagne).


Le Diable vit à Notting Hill de Rachel Johnson, Le Livre de Poche, 2011, 379 pages


Je ne pensais pas trouver un jour un livre qui résume si bien les doutes, les interrogations et les souffrances de l'adolescence. En lisant The perks of being a wallflower, j'ai découvert que je n'étais pas la seule, à 15 ans, à ne pas trouver ma place dans ce monde. Ce fut là une lecture absolument bouleversante, qui me retourne encore.

Confidences au lecteur
Charlie, 15 ans, écrit des lettres à un ami inconnu et lui confie ses interrogations, ses doutes, ses secrets, sa vie. Hésitant sur la place qu'il a dans ce monde, maladroit avec les autres, introverti et timide, il évacue ses peurs en les couchant sur le papier. Et finit par rencontrer, au lycée, les deux êtres qui vont changer sa vie : Sam et Patrick, deux frères et soeurs qui lui apprennent à s'ouvrir au monde. 

Dans ce roman, le lecteur, principal destinataire des missives, joue le rôle de confident : c'est lui qui, lettre après lettre, cerne le personnage de Charlie et prend conscience que son mal-être est plus profond qu'il ne le croit, au point de vouloir lui venir en aide, le consoler, le sauver.

Si ce livre m'a à ce point marquée, c'est que Charlie, au fond, c'est moi à son âge : solitaire, rêveur et manquant tant de confiance en soi qu'il a l'impression d'être invisible et doit se forcer à "participer" pour ne pas paraître "dans un autre monde". 

Une lueur d'espoir
Malgré tout (et bien qu'il ne se termine pas sur un happy end), ce roman regorge d'espoir, exprimé par Charlie avec ses mots simples d'adolescent émerveillé devant quelques instants de vie qui le font se sentir "infini" ("i feel infinite"). Il nous apprend que la musique, la littérature et les sens peuvent aussi nous guider pour avancer dans la vie (la sélection de chansons et de livres de Charlie m'a d'ailleurs particulièrement plue).

Enfin, ce roman fait plus que tout l'apologie de l'amour et de la tolérance, en abordant des thèmes difficiles comme l'homosexualité, le deuil, l'exclusion, la violence et l'inceste. Apprendre à accepter les autres comme ils sont pour être accepté comme on est, parce qu'"on accepte l'amour que l'on pense mériter" ("we accept the love we think we deserve").

Je pense que tous les adolescents et les adultes, introvertis ou non, devraient lire ce roman bouleversant : on en ressort grandi.


The perks of being a wallflower de Stephen Chbosky, éditions MTV Books, 2012, 224 pages
Version française : Le monde de Charlie, éditions Sarbacane (Exprim'), 2012, 256 pages


Mieux vaut parfois une vidéo qu'une flopée de chroniques... Voici donc mon avis global sur ma saga coup de coeur de l'année : Sérum de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza aux éditions J'ai Lu.