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Je vous avais fait part, il y a quelques mois, de mon enthousiasme suite à la lecture de De fièvre et de sang de Sire Cédric. Je vous avais également raconté avoir rencontré l'auteur au salon Saint-Maur en Poche et me languir de lire la suite du roman, Le Premier sang.

J'ai donc profité de mes vacances pour me plonger dans ce roman, que j'ai apprécié d'un côté, mais qui m'a également déçue de l'autre. Il faut dire que, ayant vraiment adoré De fièvre et de sang, j'attendais beaucoup de cette suite.

Cette fois-ci, l'histoire se recentre autour des deux personnages principaux, Eva Svärta et Alexandre Vauvert. Les personnages secondaires, assez présents dans le premier roman, le sont nettement moins ici. Le lecteur passe donc le plus clair de son temps auprès d'Eva et d'Alexandre. Néanmoins, si j'avais trouvé ces deux personnages intéressants et assez profonds, je regrette qu'ils n'aient pas évolué dans Le premier sang. En effet, souffrant l'un et l'autre de traumatismes psychologiques, Eva et Alexandre sont distants et froids l'un envers l'autre et ne font finalement que se croiser, rendant leur relation assez peu intéressante. J'ai même été agacée par les réactions d'Eva, que j'ai presque fini par trouver antipathique. Les personnages secondaires sont peu détaillés et manquent de profondeur, notamment les "criminels" traqués par les policiers.

L'intrigue m'a semblée assez linéaire, les rebondissements pas assez présents et trop prévisibles. L'identité du criminel traqué par les deux protagonistes est vite évidente, et l'effet de surprise tombe un peu à plat. J'ai également regretté que le contexte résolument fantastique de l'intrigue ne soit pas un peu plus développé : j'avais adoré, dans De fièvre et de sang, les références aux rites religieux des Daces, au vampirisme et à Elizabeth Bathory. Ici, les incantations et la magie semblent sortir de nulle part, et elles s'inscrivent donc moins bien, à mon sens, dans l'époque contemporaine. Enfin, certains aspects de l'intrigue ne sont, pour moi, pas ou peu motivés, et plusieurs questions sont laissées sans réponse à la fin du roman.

Malgré tout, Le premier sang reste un bon thriller bien écrit et agréable à lire. J'ai passé un bon moment à le lire, malgré mes réserves sur l'intrigue et le développement des personnages. On y retrouve l'excellent style de Sire Cédric et cette écriture fluide, sans longueurs inutiles. Enfin, la fin du roman semble annoncer une suite aux aventures d'Eva et d'Alexandre, que je ne manquerai pas de lire.

Le premier sang, Sire Cédric, Le Pré aux Clercs, 2012, 508 pages



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Après plusieurs semaines d'absence, me voilà de retour !
J'ai passé de bonnes vacances bien reposantes dans le sud de la France et je suis d'attaque pour la rentrée ! Par contre, mon rythme de lecture a un peu diminué ces deux dernières semaines et je suis en plein dans une grosse période thriller, je ne veux rien lire d'autre !


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Quatrième de couverture : 
Une jeune femme blonde vient d'être découverte, coulée dans du béton. Quatre ans après l'enquête sur les meurtres du "Dollmaker", l'inspecteur Harry Bosch est traduit en justice. Une avocate arriviste et teigneuse l'accuse d'avoir tué un innocent, et non le serial killer qu'il croyait pourtant avoir identifié. Bosch commence à douter - inquiet et déterminé, il reprend l'enquête depuis le début.


Mon avis : 
Le roman débute sur la scène qui a fait basculer la vie de l'inspecteur Bosch : cet instant où, face au présumé Dollmaker, il n'a eu que quelques secondes pour prendre une décision. Quatre ans après, Harry Bosch se retrouve sur le banc des accusés, alors que le LAPD fait appel à lui pour enquêter sur le meurtre d'une jeune blonde découverte dans une dalle de béton. Le roman alterne donc entre les scènes du procès et les étapes de l'enquête de la police de Los Angeles. Très rapidement, l'affaire de la blonde en béton présente de troublantes similitudes avec l'affaire du Dollmaker. Existe-t-il deux tueurs différents ou Bosch a-t-il tué un innocent ?

L'intrigue est surprenante, très bien menée et l'auteur nous ballade d'hypothèses en suspects. Le lecteur découvre les éléments de l'enquête au même rythme que Harry Bosch, devenant ainsi le compagnon de route-assistant du policier. J'ai adoré fouiller parmi les indices et en dégager l'identité de suspects tous plus surprenants les uns que les autres. 

Au cours de son enquête, Bosch évolue dans l'univers inquiétant du porno et de la prostitution : sexe, drogue, violence et disparitions. Le degré de détail dans la description des milieux policier, médico-légal, juridique et pornographique, mais aussi dans l'analyse psychologique du serial killer est bluffant, faisant de La blonde en béton un roman très probant. 

Le personnage de Harry Bosch est à la fois convaincant et attachant. Il est le parfait archétype du vieux flic solitaire qui donne tout son temps à une enquête, sans pour autant être dénué de sentiments. En effet, le personnage se dévoile au fur et à mesure que l'enquête avance, découvrant des aspects de sa personnalité qui le rendent indéniablement plus humain, et par là plus touchant.

Le rythme du récit est bien dosé, et le lecteur ne s'ennuie jamais. Le style est remarquable : chaque phrase découle naturellement de la précédente, constituant un ensemble très fluide, très agréable à lire. A noter, l'excellente traduction de Jean Esch, qui participe à la qualité de l'ouvrage.

La blonde en béton est un excellent policier remarquablement mené, une excellente lecture estivale. Il s'agit pour moi d'une très bonne découverte, qui m'a donné l'envie de lire les autres aventures de l'inspecteur Bosch.

La blonde en béton, Michael Connelly, Editions Points, 2012, 463 pages

Je remercie chaleureusement les éditions Points et Livraddict pour ce partenariat.


Quelques mois après le passage d'Hortense à la télévision, au cours duquel elle a lancé la vérité à la face du monde, Joséphine a déménagé avec ses filles dans le 16ème arrondissement de Paris. Hortense a intégré la plus prestigieuse école de mode de Londres, Shirley et Gary se sont installés dans la capitale britannique, tout comme Philippe et Alexandre. Iris est internée pour dépression dans une clinique de la région parisienne et Henriette ronge son frein en attendant de pouvoir se venger de Marcel et Josiane qui nagent dans le bonheur.

Tranquillement, le lecteur continue d'être le spectateur de la vie des personnages, de leurs coups bas, de leurs caprices, de leurs aventures amoureuses, de leur manque de confiance en soi. Certains sont agaçants, d'autres sont attachants, mais le plus souvent, ils sont les deux à la fois. Les personnages qui, comme Iris et Henriette, ne vivaient que pour le paraître, rivalisent d'ingéniosité pour remonter sur leur piédestal. Les autres tentent de se construire ou de se reconstruire sur la base de relations sincères. Dans un monde où les crocodiles guettent leur proie, il faut du temps pour se reconstruire à l'allure lente et tranquille de la tortue.

Dans son roman, Katherine Pancol met l'accent sur la nécessité, pour se construire, d'être soutenu, aimé par sa mère. Lorsque celle-ci est indifférente, se construire est un combat de tous les jours :
Cette femme, sa mère, avait la toute-puissance de la tuer à chaque fois. On ne guérit pas d'avoir une mère qui ne vous aime pas. Ça creuse un grand trou dans le coeur et il en faut de l'amour et de l'amour pour le remplir ! On n'en a jamais assez, on doute toujours de soi, on se dit qu'on n'est pas aimable, qu'on ne vaut pas tripette. (p.736) 

Mais la vraie nouveauté, dans La valse lente des tortues, réside dans l'apparition du genre policier. Une série de meurtres sauvages frappe le quartier de Joséphine et plusieurs d'entre elles appartiennent à ses connaissances. Le récit de l'enquête vient s'enchâsser dans le quotidien de Joséphine. C'est l'occasion pour l'auteur de démontrer qu'elle maîtrise parfaitement les codes du roman policier et du suspense, et de montrer que la vie dans les beaux quartiers n'est pas si agréable que cela...

Je dois toutefois émettre quelques réserves sur certains aspects fantastiques qui, selon moi, alourdissent le récit : par exemple, le fantastique qui entoure la véritable identité de Marcel Junior, le fils de Marcel et Josiane, n'était vraiment pas nécessaire, selon moi. Je n'ai pas vraiment compris la motivation d'un tel choix, et j'espère que l'évolution du personnage dans le troisième tome le rendra plus évident.

Comme le premier, ce second tome se lit à une vitesse incroyable, tellement l'intrigue est prenante. J'ai hâte de lire le dernier tome pour connaître la suite des aventures de tous ces personnages ! Et si vous n'avez pas encore lu cette saga, lancez-vous, c'est une superbe lecture d'été !

La valse lente des tortues, Katherine Pancol, Albin Michel, 2008, 673 pages
Réédité au Livre de Poche, 2009, 752 pages

J'ai lu La valse lente des tortues dans le cadre d'une lecture commune organisée par June sur Livraddict.
Lire les avis de : BenoitD67


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Je posterai la version filmée un peu plus tard dans la semaine.



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J'ai découvert J. Heska il y a quelques semaines à l'occasion d'un partenariat Livraddict, avec son premier roman Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir, qui avait été un réel coup de coeur. Charmée par le style de l'auteur, je m'étais empressée d'acheter son second roman, On ne peut pas lutter contre le système. Et c'est au cours d'un bavardage sur Twitter que Nathalie et moi avons décidé de lire ce thriller en lecture commune.


Quatrième de couverture :
Le système financier mondial vient de s’écrouler. Il ne s’en relèvera pas, plongeant toute une civilisation dans le chaos. Lawrence Newton a accepté sa destinée. Il a renoncé à ses espoirs, à ses convictions, et à l’amour de sa vie pour suivre les traces de son père au sein du consortium HONOLA. Samson Bimda est le chef d’un village au nord de l’Ouganda. Les semences OGM vendues par la compagnie ruinent ses champs et ne lui permettent plus d’assurer sa subsistance. Clara, Hakim et Louise sont trois militants au sein du mouvement écologiste GreenForce. Au hasard d’une de leurs actions, ils tombent sur des documents compromettants qui vont les dépasser. À la veille du plus grand sommet européen déterminant l’avenir de millions de personnes, chacun doit défendre ses intérêts, quitte à en payer le prix le plus lourd.


Mon avis :
Décidément, j'aime beaucoup cet auteur ! Le sujet de ce thriller est original, et son approche l'est tout autant. Au fil des chapitres, le lecteur suit trois écolos purs et durs qui ne pensent qu'à leur action, des industriels véreux et prêts à toutes les horreurs pour s'en mettre plein les poches et des paysans ougandais qui se voient coincés au coeur d'un conflit alors qu'ils n'avaient rien demandé.

Dans ce thriller, J. Heska montre, avec beaucoup de précision, la froideur et la cruauté d'un système capitaliste exacerbé, où l'argent est la seule valeur qui compte encore. L'auteur introduit dans la fiction des évènements réels de notre décennie, tels que la crise des subprimes, la crise alimentaire, la lutte contre les OGM, qui font que ce système n'est pas tellement différent du nôtre. Les exactions de ces industriels ultra-capitalistes, qui fomentent des complots, commanditent des assassinats, financent les guerres africaines dans le seul but de gagner encore plus d'argent, font froid dans le dos.

Les personnages sont plutôt réalistes, mais aucun d'entre eux ne m'est parut vraiment attachant : les trois écolos de quarante ans sont ridicules de par leur entêtement et leur accoutrement (j'avais envie de couper les dreadlocks de Louise !), Safia Hezraï et Triple H sont écoeurants de froideur et de cruauté. Seul Lawrence a réussi à monter dans mon estime, au fur et à mesure que son plan machiavélique se révélait. Je dois d'ailleurs reconnaître que la fin du roman est très inattendue et assez jouissive.

Côté style, il faut reconnaître que J. Heska écrit très bien. L'écriture est fluide, bien travaillée, très réaliste. L'auteur s'est documenté sur des sujets très pointus et certains passages, comme celui où un personnage explique comment manipuler une arme à feu, sont criants de réalisme. J'ai particulièrement aimé le jeu de références de l'auteur, qui éparpille tout au long du roman des clins d'oeil au catch américain, à Star Wars, à Retour vers le futur, et j'en passe. C'est typiquement le genre de détail qui me fait sourire et que j'avais déjà beaucoup aimé dans Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir.

Alors, il ne me reste plus qu'à dévorer sagement les micro-nouvelles que J. Heska publie sur son site internet, en attendant la sortie de son troisième livre, sur lequel je me jetterai, c'est évident !


On ne peut pas lutter contre le système, J. Heska, Editions Seconde Chance, 2012
Disponible en format broché et e-book
www.jheska.fr

J'ai lu On ne peut pas lutter contre le système dans le cadre d'une lecture commune organisée avec Nathalie.